Les news du Faso

Les news du Faso

Recrutement de 4 200 professeurs : Attention, ce sont des contrats d'un an renouvelable à concurrence de 3 ans !

Le Ministère de la Jeunesse, de la formation et de l'Insertion professionnelle recrute 4 200 professeurs de niveau BAC+2 au profit du Ministère de l'Education Nationale et de l'Alphabétisation  (MENA). Prudence, parce que le Communiqué précise que le test se fera sur sélection de dossiers par un comité régional commis à cet effet. Enfin, il notifie que " Les candidats admis sont engagés en qualité de contractuel pour une durée d'un (01) an renouvelable à concurrence de trois (03) ans".

Il faut donc bien comprendre avant de postuler pour ne pas crier par la suite au licenciement abusif. 

 


16/03/2016
0 Poster un commentaire

L'ambassadeur des USA et la vendeuse de fraises

Sa photo avait fait le tour des réseaux sociaux. En effet, lors de sa dernière sortie sur le site des attentats (Cappuccino), le 23 février dernier, l’Ambassadeur des USA, Tulinabo Mushingi avait rencontré et échangé avec une vendeuse de fraises, Ipala (puisque c'est d'elle qu'il s'agit).

Ce matin du mercredi 2 mars 2016, la jeune femme a tenu à rendre une visite de courtoisie à celui qu’elle appelle affectueusement son « tonton », croisé fortuitement un après-midi du 23 février, afin de lui remettre un exemplaire imprimé de la photo. Emu par cet acte plein d’audace mais surtout d’un naturel bien intentionné, Son Excellence a accepté de la rencontrer de nouveau à titre exceptionnel. En retour, L’Ambassadeur lui a remis un sac de courses qui pourra lui servir pour son commerce de fruits. 

(source : https://www.facebook.com/US-Embassy-Ouaga-147467418636156/)

 


02/03/2016
0 Poster un commentaire

L'erreur fatale du gouvernement d'accompagner les « Kogl-weogo » !

Les problèmes sécuritaires se suivent et se ressemblent au Burkina Faso. Après le légendaire Régiment de sécurité présidentielle (RSP) et les attaques djihadistes, le pays sécrète de ses entrailles un autre mal : le phénomène des comités locaux d’auto-défense appelés « Koglweogo ». De plus en plus, ces comités s’illustrent en justiciers hors-la-loi qu’il faut au plus vite arrêter. La récente tension entre eux et la police nationale à Sapouy dans le Ziro et maintenant la séquestration d'un catéchiste dans la même zone sont la preuve, que les accompagner comme le veut le gouvernement serait une erreur fatale.

 

Un catéchiste du village de Boutiourou (10km de Léo) qui a refusé de payer les frais d’adhésion (2 500FCFA) à l’association d’autodéfense Koglweogo, a été mis aux arrêts le 26 février 2016 et a dû sa liberté, grâce au versement de 112 500 FCFA par la communauté chrétienne, annonce l'Agence d'information du Burkina. Selon les témoignages du curé de Léo, l’Abbé Gaston Koama, qui s’était déplacé le lendemain matin auprès des Koglweogo sans avoir gain de cause, le catéchiste de Boutiourou a été convoqué par le chef de village, qui se trouve être le patron des Koglweogo, pour savoir pourquoi il ne voulait pas payer. Le catéchiste a répondu qu’il a ses raisons. «Lesquelles?», aurait rétorqué le chef. «Je suis catéchiste et connaissant que le mode d’enrôlement des membres de Koglweogo ne cadre pas avec ma foi, j’ai trouvé qu’il y a un empêchement», a-t-il dit.

Car, en l’espèce, le curé croit savoir que les membres des associations d’autodéfense se soumettent à des «pratiques occulteset (que) depuis longtemps, nous disons à nos gens de faire très attention». La police, pour sa part, a observé cette affaire de loin avec beaucoup de circonspection tandis que le chef de canton de Léo a appelé les protagonistes au calme et demandé la restitution de l’argent à la communauté chrétienne.

Le mercredi 17 février 2016, des éléments d’une Association Koglweogo de la même province du Ziro ont battu à mort, Mady Kanazoé, un repris de justice pour vol de bétail. Cette situation a conduit à une descente des Forces de défense et de sécurité (FDS) sur les lieux. Heureusement que le dialogue l’a emporté dans une situation qui a failli virer à l’affrontement entre la police appuyée de deux hélicoptères pour récupérer les autres voleurs et mettre aux arrêts les responsables du Koglweogo. Le cas de Sapouy n’est qu’un énième forfait de ces associations Koglweogo qui ont à leurs compteurs près de 5 morts dans le Ganzourgou et d’innombrables sévices corporelles à travers les villages du pays et plusieurs fois relayées dans la presse ces dernières semaines.

A l’origine, c’est en 2003 que les premières associations de ce type ont vu le jour dans le Yatenga (Ouahigouya). Essentiellement créées au départ pour contrer les voleurs de bétail et les bandits de grands de chemins, elles ont croisé l’assentiment des autorités sécuritaires nationales dans leur politique de police de proximité. Mais entre les objectifs de la police de proximité et les récents agissements des Koglweogo, le fossé est grand et même très grand, les Koglweogo s’illustrant par la barbarie de leurs méthodes et certains actes de traitement dégradant et de violation grave des droits humains. 

C'est une fuite de responsabilité de l'Etat qu'il faut dénoncer avec la dernière énergie. A la compréhension des choses, l’Etat demande à ses citoyens de se protéger eux-mêmes et de le protéger lui aussi. Parce qu’il est quasiment impossible de contredire cette partie des Burkinabè qui pensent que cette justice privée à qui l’Etat veut donner son quitus en la légitimant est une véritable porte ouverte à toutes sortes de dérives qui ont déjà cours dans notre pays.

Dans les années 1990, des comités locaux de défense composés de « dozo » ces chasseurs traditionnels, du genre des Koglweogo avaient été mis en place surtout dans la partie Nord de la République voisine de la Côte d’Ivoire pour, disait-on, assurer la sécurité des populations. La suite, on la connaît avec la rébellion qui a déchiré le pays et endeuillé des dizaines de milliers de familles.

Le pouvoir en place, mieux que quiconque, sait que les Koglweogo, si on y prend garde, peuvent s’avérer comme une gangrène qui à l’image du Régiment de sécurité présidentielle RSP, mettra à rude épreuve le dispositif sécuritaire classique du pays. La preuve, avec la situation de Sapouy, ce sont plus de 1 500 Koglweogo issus des villages environnants qui ont voulu en découdre avec la centaine de Forces de défense et de sécurité (FDS). Il est certes justifié que la population doit collaborer avec le FDS dans la lutte contre l’insécurité, mais il serait suicidaire de penser que les Koglweogo en sont la panacée. La communication et la sensibilisation par lesquelles il faille passer pour « recadrer » les Koglweogo siéent encore plus avec les populations de façon générale et les attaques terroristes ont prouvé que de plus en plus, le Burkinabè est conscient qu’il est et doit être l’artisan de sa propre sécurité.

Ces groupes d’auto-défense qui se considèrent de plus en plus comme des justiciers doivent être urgemment remis à leur place. Car en aucun cas, l’auto-défense et l’auto-justice ne pourraient signifier la même chose. Si y a une volonté d’accompagner les FDS dans leurs missions, pourquoi ne pas conduire les présumés bandits et délinquants à la gendarmerie ou à la police une fois appréhendés. L’absence de la justice revient fréquemment sur les lèvres pour justifier les barbaries des groupes d’auto-défense, mais il est juste et bon de ne pas perdre de vue que la justice à longtemps été aux ordres des politiques qui par un clic de doigt faisait libérer n’importe lequel des bandits de grands chemins.

Porte d’entrée du terrorisme

Au lieu de chercher à légitimer ces milices armées et « wackées », les nouvelles autorités et particulièrement le ministre de la Sécurité doit travailler à la séparation réelle des pouvoirs et à éviter l’interférence du politique dans les dossiers judiciaires. Si les Koglweogo se rendent compte que les suspects qu’ils remettent aux FDS ne reviennent pas quelques jours après pour les narguer, ils se rendront à l’évidence que leur « boulot » consistera désormais à interpeller et conduire chez l’autorité, toute personne suspectée.

L’Etat a la responsabilité exclusive d’assurer la sécurité des populations. Toute initiative citoyenne dans ce sens ne doit pas se substituer aux structures habilitées à cet effet. Le risque est grand dans un contexte d’insécurité sous-régionale et international où les « barbus » ont déjà frappé à notre porte et y sont même entrés pour emprunter l’expression à Zedess.

Reconnaitre la légitimité des Koglweogo revient à autoriser implicitement le port et l’usage des armes qu’ils détiennent. Chaque groupe étant organisé, il est plus maniable et plus facile pour les terroristes et autres djihadistes de les corrompre et de les utiliser contre le pays. Aussi, faut-il rappeler que Boko Haram a exactement commencé de la sorte au Nigéria.

Déjà que l’Etat a des difficultés pour les maîtriser, que fera-t-il en cas d’affrontement entre groupes d’autodéfense ou entre eux et les FDS ou encore en cas de rébellion d’un groupe ? Simon Compaoré qui a toujours convaincu les Ouagalais par sa rigueur de CDR en mettant au pas les commerçants doit éviter cette politique de l’autruche. Le risque est grand et le pays ne pourra pas supporter un second RSP !

Une.jpg

 


01/03/2016
0 Poster un commentaire

Burkina Faso: attaque d'un dépôt d'armes par d'anciens putschistes

Un dépôt d'armes et munitions de l'armée burkinabè près de Ouagadougou a été attaqué vendredi par d'anciens membres du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'unité auteur d'un putsch raté en septembre, a annoncé l'armée burkinabè dans un communiqué.

 

"Aux environs de 03H00 (locales et GMT), une tentative d'incursion n'ayant fait aucune victime a eu lieu au niveau du magasin d'armement de Yimdi", à vingt km à l'ouest de Ouagadougou, selon le communiqué qui ajoute que "les auteurs de cette tentative ont été identifiés comme des éléments récalcitrants de l'ex-RSP". "Le site est sous contrôle des Forces armées nationales et le dispositif de surveillance a été renforcé", conclut le communiqué. "Il y a eu une attaque de la soute (dépôt) à Yimdi très tôt. Ceux qui l'ont fait sont des éléments de l'ex-RSP, ils ont pu ramasser des armes et des munitions et partir avec", a toutefois assuré à l'AFP une source au sein de l'armée burkinabè s'exprimant sous couvert d'anonymat. 

"Ils étaient une vingtaine. Ils ont ligoté certains des hommes qui étaient sur place avant de mener l'opération. Pour l'instant on compte un blessé parmi les soldats qui assurent la garde de la soute. On a pu identifier quelques uns d'entre eux et nous poursuivons les investigations", a confié une autre source militaire. Cette attaque survient alors que Ouagadougou a été la cible vendredi d'une attaque jihadiste qui a fait 30 morts et que les forces de sécurités sont prioritairement mobilisées contre cette menace.  (Source : AFP)

 

Image illustratif 


22/01/2016
0 Poster un commentaire

L'intégralité du discours d'investiture de Roch Marc Christian Kaboré

Pour mémoire, je vous propose l'intégralité du discours d'investiture de Roch Marc Christian Kaboré comme président du Faso, le mardi 29 décembre 2015 au Palais des sports de Ouaga 2000.

 

Excellences, Messieurs les chefs d’Etat
Distingués représentants des chefs d’Etat et de Gouvernement
Excellence, Monsieur le Président du Conseil national de la Transition
Monsieur le Président du Conseil constitutionnel
Mesdames et Messieurs les Présidents d’Institution
Messieurs les Anciens chefs d’Etat
Mesdames et Messieurs les chefs de délégation étrangère
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et chefs de mission diplomatique
Distinguées personnalités
Honorables invités
Mesdames et Messieurs les candidats à l’élection présidentielle 
Peuple combattant du Burkina Faso

 

La solennité de la présente cérémonie rajoute à la charge émotionnelle qui l’enveloppe, faisant de chacune et de chacun de nous, qui un acteur, qui un témoin privilégié, ou les deux à la fois, de la glorieuse page de l’histoire récente de notre Peuple que nous sommes en train d’écrire.

Permettez-moi, à l’entame de mon discours, d’exprimer ma gratitude et celle du Peuple burkinabè à toutes les éminentes personnalités qui, par leur présence honorent cette cérémonie et en rehaussent l’éclat.

Au moment où notre vaillant Peuple ferme la parenthèse de la Transition, pour s’engager résolument dans l’Etat de droit, en vue d’assurer une gouvernance vertueuse des affaires publiques, je voudrais tout d’abord lui rendre un hommage mérité. 
A tous les valeureux fils et filles de notre chère nation, intrépides combattants de la liberté, de la démocratie et de la justice qui,ces dernières années, ont payé de leur vie notamment lors de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et du coup d’Etat des 16-17 septembre 2015, la Nation est reconnaissante.

Leur sang versé a contribué à forger le destin du Burkina Faso pour le faire sortir de l’impasse dans laquelle certains esprits mal intentionnés voulaient le plonger à jamais. C’est pourquoi, avant tout autre propos, je vous invite à saluer, par l’observation d’une pieuse minute de silence, la mémoire de ces héros, tombés sur le champ d’honneur pour la grandeur et la dignité de la patrie(…).Je vous remercie.
A tous ceux qui ont souffert ou qui continuent de souffrir encore dans leur chair, je renouvelle toute ma solidarité et leur souhaite un prompt rétablissement.

Distinguées personnalités
Mesdames et Messieurs

Je voudrais ensuite saluer l’action de mes devanciers dans la haute charge de président du Faso, pour ce qu’ils ont pu faire pour notre pays, ou pour l’espoir qu’ils ont pu incarner ou susciter à un moment donné.

Tout naturellement, je voudrais reconnaître et saluer les mérites du Président Michel KAFANDO dont la sagesse et la riche expérience nous ont été très utiles particulièrement aux moments troubles et complexes de la Transition. A lui, au premier ministre Yacouba Isaac ZIDA, au président du CNT Chérif SY, à tous les ministres ainsi qu’à tous les députés de la Transition, je renouvelle nos félicitations pour les services rendus à la Nation.

Je salue aussi le rôle primordial joué par nos organisations communautaires que sont l’UEMOA et la CEDEAO pour avoir contribué à la stabilité de notre pays et de la région.

Je salue l’implication déterminante de l’Union africaine, tout comme la ferme et clairvoyante position des Nations unies, lors des événements récents vécus par notre pays. Leur solidarité avec le peuple du Burkina a permis de trouver des issues pertinentes aux crises que nous avons connues.

J’exprime, ma déférente considération, aux pays du continent et hors du continent qui, à travers la présence amicale de leurs représentations diplomatiques à nos côtés, ont pris fait et cause pour le peuple burkinabè lors de l’insurrection populaire et du rejet du putsch perpétré par le régiment de sécurité présidentielle.

A nos amis et camarades des partis progressistes de par le monde en général, et en particulier l’Internationale Socialiste, à laquelle ma formation politique d’origine appartient, je renouvelle ma gratitude pour leur militante solidarité dans notre combat commun pour l’émancipation des peuples.

Je salue enfin la témérité et le dévouement dans la lutte des camarades des partis ou formations politiques regroupés à l’époque au sein de l’opposition politique.

Jeunesse combattante, femmes courageuses et intrépides, anciens de toutes les contrées du pays, autorités coutumières et religieuses du Faso, dépositaires reconnus des sagesses fondatrices des équilibres de notre nation,vaillantes combattantes et vaillants combattants de la liberté et des causes justes, organisés ou non au sein des partis politiques,

associations et mouvements de la société civile burkinabè, opérateurs du monde économique, ouvriers, paysans, étudiants, artisans des villes et des campagnes, personnes vivant avec un handicap,c’est ensemble que nous avons voulu et obtenu le changement, ensemble nous devons en faire un bien commun pour la paix, la stabilité et la prospérité de la Nation.

Pour ma part, je prends ici l’engagement d’instaurer un dialogue social fécond avec tous les Burkinabé pour qu’ensemble nous brisions les chaines de la misère pour construire, dans la tolérance et la discipline républicaine, une nation forte, digne et respectée.

Cela signifie et impose, chères concitoyennes, chers concitoyens, que nous reconnaissions à l’Etat sa place et son rôle prépondérants dans la conduite des affaires publiques, son autorité, toute son autorité dans le fonctionnement harmonieux et régulier des institutions républicaines afin de garantir une bonne gouvernance au profit de l’ensemble des citoyens.

Cela exige, de la part de tous et de chacun, que nous sachions, dès à présent, contenir nos égoïsmes personnels, bannir nos divisions stériles, combattre l’intolérance et l’incivisme rampant, pour construire ensemble une alliance de progrès, à même de porter les ambitions de développement du pays.

Distingués invités

Je voudrais, en ce moment solennel, rappeler à la face du monde que la victoire du 29 novembre 2015, n’est pas seulement la victoire d’un candidat ou d’un parti mais celle de tout un peuple insurgé.

C’est la victoire d’une jeunesse burkinabè et africaine à jamais révoltée contre l’obscurantisme et l’oppression.
C’est la victoire de la liberté sur l’arbitraire.
C’est la victoire de la démocratie sur la dictature, contre l’oligarchie d’une minorité et l’opacité dans la gouvernance.

Cette quête émancipatrice de bonne gouvernance, de justice et d’équité est le sens même de mon engagement pour le changement et l’édification d’un Burkina nouveau.
Avec les élections couplées, présidentielle et législatives du 29 novembre dernier, un jour nouveau se lève au Burkina Faso, chargé d’espoir pour un lendemain meilleur. 
Mon programme, intitulé « Bâtir avec le Peuple, un Burkina Faso de démocratie, de progrès économique et social, de liberté et de justice », devenu par l’onction populaire, le programme du Président de tous les Burkinabè, ambitionne de répondre à cette quête de justice, de transparence, de démocratie et de prospérité partagée exprimée par toutes les composantes de notre Nation.

La réconciliation nationale en sera le socle, la paix, le moteur, la vérité, la justice et la transparence, les adjuvants essentiels, pour construire ensemble dans la durée, une Nation forte, fière, prospère et intègre.

En ce 21e siècle de toutes les interrogations et inquiétudes sur la croissance, la paix et la sécurité dans le monde, je veux qu’ensemble, main dans la main, avec l’appui et le concours de la diaspora burkinabè et des partenaires au développement du Burkina Faso, nous entamions la marche assurée de notre Peuple vers la réalisation de ses aspirations profondes.

Notre vaillante jeunesse a donné de la voix et a montré la voie. Les femmes, les anciens et les responsables coutumiers et religieux en ont montré la volonté. Je souhaite que dans un élan et un sursaut patriotiques, les Burkinabè, après avoir forcé l’admiration et l’estime des autres peuples en Afrique et dans le monde, se donnent les moyens de réussir à relever les défis qui se dressent devant nous.

Que le monde continue de nous regarder et de nous soutenir, car notre démocratie, en s’enracinant, apporte et apportera davantage de bien-être au pays, à la sous-région, à l’Afrique et pourquoi pas au monde.

Pour ma part, j’en suis convaincu, et d’ores et déjà, je m’engage, avec les jeunes générations, à contribuer à la construction d’un monde de paix, de démocratie, de justice, d’égalité et de liberté.

Les graves problèmes de gouvernance qui ont failli plonger le pays dans la guerre civile ont des causes et des responsables. En toute humilité, chacun doit reconnaître et assumer sa part de responsabilité et éviter les fuites en avant inutiles.
C’est pourquoi la vérité et la justice doivent être recherchées préalablement pour que la paix des cœurs décuple nos énergies afin que nous soyons capables de nous pardonner effectivement et sincèrement.

L’incivisme, la remise en cause de l’autorité de l’Etat, et d’une manière générale, le non-respect de la loi par les citoyens et les personnes morales doivent cesser immédiatement. 
En tout état de cause, toutes les mesures seront étudiées et mises en œuvre pour que force reste à la loi. Partout, l’ordre et la discipline doivent régner, pour nous permettre, dans le dialogue et la concertation, de rechercher les solutions appropriées aux problèmes que vivent les Burkinabè.

Tout en étant un ardent défenseur des libertés individuelles et collectives que je souhaite promouvoir et élargir, je voudrais attirer l’attention de tous que bien souvent l’ennemi de la liberté, c’est la liberté mal comprise et sans bornes.

Je suis le premier à savoir que le retour indispensable à la normale ne sera pas facile, mais c’est le prix à payer si nous ne voulons plus continuer à vivre dans un Burkina Faso à plusieurs vitesses, à l’avenir incertain, où le fossé s’agrandit chaque jour entre un nombre toujours plus restreint de nantis qui ont des droits et les larges masses populaires condamnées à la paupérisation et à l’exclusion.

Distinguées personnalités
Mesdames et Messieurs

Le retour à l’intégrité que je me suis engagé à réaliser dans le cadre de mon programme pour le quinquennat 2015-2020 sera pour chacun de nous une triple exigence :
  Une exigence d’amour pour la patrie, dont nous devons défendre constamment les intérêts supérieurs ;
  Une exigence de dévouement au travail pour notre pays, au service duquel nous devons mettre tous nos talents et intelligences.
  Une exigence de probité et de bonne gouvernance dans tout ce que nous faisons, pour ne pas se servir du pays mais pour le servir de manière désintéressée.
C’est donc à un véritable changement de mentalité et de comportement que je convie les Burkinabè, car les chantiers qui nous attendent sont titanesques :
  Réformer les Institutions et moderniser l’administration pour plus de justice sociale, de démocratie et de liberté ;
  Mettre en place un nouveau modèle de développement centré sur le renforcement du capital humain ;
  Promouvoir et vulgariser les technologies de l’information et de la communication ;
  Dynamiser les secteurs porteurs pour l’économie et les emplois, en faisant du secteur privé un acteur important ;
  Réaliser un meilleur partage des fruits de la croissance à travers un nouveau contrat social.
Comme j’ai eu l’occasion de le rappeler à plusieurs reprises, la IVe République a vécu. Dès lors, mon engagement de passer à la discussion et l’adoption de la Constitution de la Ve République pour mieux réformer les institutions et engager la modernisation indispensable de l’administration reste au cœur de ces reformes à faire.Aux amis et aux partenaires au développement du Burkina Faso, je tiens à réaffirmer notre engagement sans faille à honorer la parole et la signature du Burkina Faso, dans le respect de l’indépendance et des intérêts supérieurs de notre Peuple.

C’est pourquoi, je voudrais lancer un appel du haut de cette tribune pour un accompagnement plus substantiel de la communauté internationale et des partenaires techniques et financiers aux efforts de relance économique et d’amélioration de la gouvernance dans notre pays.

Distingués Chefs d’Etat
Mesdames et Messieurs

Au moment où j’accède à la plus haute charge de l’Etat, la situation sécuritaire dans le monde en général et dans la sous-région ouest africaine en particulier est préoccupante en raison de l’ampleur des menaces et actions terroristes.

C’est pourquoi nous devons mutualiser nos moyens de défense, nos informations, entre nos pays et de concert avec tous les autres pays qui luttent contre le terrorisme dans le monde pour présenter un front unis contre ces fléaux qui menacent l’existence même de nos Etats.

Je réaffirme mon engagement et celui de mon pays à œuvrer avec tous nos pays voisins et au sein des institutions communautaires que sont notamment l’UEMOA et la CEDEAO pour la paix, la sécurité, l’intégration régionale, la coopération et la solidarité agissante entre nos pays et nos peuples.

Peuple du Burkina Faso
Chères concitoyennes
Chers concitoyens

La nouvelle page de notre glorieuse histoire commune que nous nous sommes engagés à écrire ensemble sera nécessairement une œuvre collective. J’ai foi en l’avenir radieux de ce pays et à la capacité de son Peuple à se surpasser pour défendre son honneur et construire son avenir. Je suis fier d’être Burkinabè et de pouvoir apporter ma modeste contribution à la paix, à la démocratie, à la justice, à la réconciliation nationale et à la prospérité partagée entre les Burkinabè. Je veux croire à toutes nos chances de continuer à bénéficier de la clémence divine pour la paix au Burkina Faso.

C’est pourquoi, je me tourne vers les gardiens de nos traditions multiséculaires, vers nos autorités coutumières et religieuses et vers toutes les personnes de bonne volonté pour tout ce qu’ils ont toujours fait et continueront à faire pour cette paix si précieuse dont le pays a tant besoin.

Je renouvelle ma gratitude à toutes et à tous, et je rappelle que le Burkina Faso a été, est et restera un héritage commun aux Burkinabè.

C’est pourquoi nous devons le gérer en bon père de famille, prudent, diligent et honnête, pour le bien des générations présentes et à venir.

Autrement, nous serons donc tous comptables, chacun pour sa part de responsabilité, de l’avenir de ce pays que nous aimons tous.

Pour terminer, je voudrais réitérer notre profonde gratitude et nos remerciements sincères à tous les Chefs d’Etat et de gouvernement ici présents ou représentés, à tous les peuples africains, à toutes les délégations venues d’Europe, d’Amérique et d’Asie pour leur présence amicale et leur solidarité avec le peuple burkinabè.
En cette fin d’année 2015, je tiens à souhaiter à toutes et à tous une bonne et heureuse année 2016.

Que Dieu bénisse le Burkina Faso
Je vous remercie.

Roch Marc Christian Kaboré à l'issue de sa prestation de serment

 


30/12/2015
0 Poster un commentaire